Les pierres fines de Madagascar

La tourmaline

Pierre aux multiples couleurs et de couleur multiple, au dichroïsme intense, la tourmaline provient essentiellement des pegmatites acides. Certaines couleurs sont rares et en font toute sa valeur ; rouge intense ou rubellite, bleue ou indigolite, ou encore incolore (achroîte) mais toutes les nuances existent ainsi que les cristaux polychromes dont le plus connu correspond à la superposition le long du cristal de zones colorées rouge, jaune et verte concentriques par rapport à l’axe principal : c’est la variété dite « melon d’eau » ou « pastèque ».

La coloration peut aussi varier d’une extrémité à l’autre du cristal, suivant l’allongement.

La tourmaline la plus recherchée est la « Paraîba», aux cristaux bleu électrique trouvés il y a seulement quelques années dans l’état de Paraîba au Brésil.

A Madagascar, la région la plus riche en gisements de tourmalines se trouve sur les hauts plateaux du centre de la grande île, dans la région d’Antsirabe : Ibity, Anjanabonoina, Manitra... D’autres gisements moins importants sont exploités.

Certains prétendent que la tourmaline joue un rôle de muse auprès des poètes…

Les béryls. Al2 be3

Béryl vert ou émeraude, béryl bleu ou aigue-marine, ou encore morganite (rose), heliodore (vert-jaune) et goshénite (incolore) sont les différentes couleurs et variétés de béryls. La Bixbyite ou béryl rouge reste une variété encore contre-versée quant à son appartenance à ce groupe. Le béryl est essentiellement un minéral des pegmatites granitiques.

En dehors de l’emeraude, le béryl le plus connu reste l’aigue-marine. Du bleu pâle au bleu soutenu profond, elle doit sa couleur au fer présent dans les canaux structuraux du béryl. Le bleu le plus recherché est le bleu intense « Santa Maria »  du nom de la mine Brésilienne ou ces cristaux furent trouvés.

La composante jaune des aigues-marines verdâtres peut disparaître de façon définitive par traitement thermique. Attention à la décoloration possible de la pierre lors de la réparation du bijoux qui la porte.

Le plus gros cristal d’aigue-marine fût découvert au Brésil en 1910. Il pesait plus de 110 kilos (552 500 carats), d’un très beau bleu pur et transparent.

Madagascar fournit de très beaux béryls en particulier des morganites d’un rose très soutenu de la région d’Ambalavao et de très belles aigues-marines de la région de Tongafeno. De nombreux autres gisements sont exploités.

Les grenats.

Pyralspites ou bien ugrandites, on les trouvent (presque) tous à Madagascar, soit très rarement et sous forme de petits cristaux, soit en quantité abondante. Seule la couleur bleue n’est pas rencontrée dans le groupe des grenats.

Trois grenats sont à mentionner : Le grenat spessartite, le grenat Malaya et le grenat « change-color » Vanadium.

Le grenat spessartite se trouve le plus souvent dans les pegmatites granitiques (Besafotra), associé à la tourmaline et aux béryls. De couleur rouge à orangé, la nuance la plus recherchée est l’orangé dit « fanta ». Attention à savoir le différencier du grenat hessonite.

Le grenat Malaya est un pyrope- spessartite contenant des traces de chrome et vanadium, de couleur aux reflets roses-bruns-orangés.

Le grenat vanadium est specifique de la région de Bekily et Gogogogo….De couleur beige ou bleutée en lumière du jour, la pierre devient rosée en lumière incandescente du faite de la présence de vanadium dans ce grenat pyrope-spessartite.

A Madagascar, on trouve pour le moment assez peu de grenat Tsavorite… encore moins de démantoïde.

L’amethyste.

C’est la pierre la plus prisée du groupe des quartz. Sa couleur s’étend du violet rougeâtre au violet bleuâtre en passant par toutes les nuances de pourpre. La couleur devient instable à des chaleurs dépassant 250 degrés.

La forte zonation de couleur de l’améthyste est liée aux macles polygénétiques de la structure du minéral et à la répartition inégale des atomes de Fer.

Considérée dés l’antiquité comme talisman contre l’ivresse, elle est devenue, à partir de la Rennaissance, une pierre épiscopale.

Chauffée vers 500 degrés, l’améthyste devient jaune… citrine.

La citrine.

La couleur jaune de la citrine naturelle est attribuée à la présence de Fer. Toutefois, la plupart des citrines sont des améthystes chauffées, qui peuvent éventuellement redevenir améthystes par irradiation.

Presque toutes les citrines chauffées tirent sur le brun-rouge. Le jaune pâle est, au contraire, la couleur dominante des citrines naturelles.

Notre très courte liste s'arrête ici mais on trouve à Madagacar quasiment toutes les autres pierres fines, des plus communes aux plus rares.